En B2B, chaque acompte encaissé doit donner lieu à une facture d’acompte (art. 289 du CGI). À la fin du projet, la facture de solde récapitule le total et déduit les acomptes déjà facturés. Et si tu dois corriger ou annuler une facture émise, tu ne la supprimes jamais : tu émets un avoir, qui porte son propre numéro et référence la facture initiale. Ces trois documents suivent ta numérotation habituelle, sans série à part.
Tant que tu factures des prestations simples payées en une fois, une seule facture suffit. Mais dès qu’un projet s’étale dans le temps, qu’un client verse une avance ou qu’une erreur se glisse dans un montant, trois documents entrent en jeu : la facture d’acompte, la facture de solde et l’avoir. Ce guide t’explique quand utiliser chacun, et surtout comment les enchaîner sans casser ta numérotation.
La facture d’acompte : quand et pourquoi
Un acompte, c’est une somme que ton client verse avant la fin de la prestation : 30 % à la commande, 50 % au démarrage d’un chantier, etc. C’est une excellente pratique pour sécuriser ta trésorerie — et pour vérifier que le client est sérieux avant d’engager ton temps.
Côté paperasse, la règle est claire : en B2B, l’encaissement d’un acompte donne lieu à une facture d’acompte obligatoire (art. 289 du CGI). Tu ne peux pas te contenter d’un reçu ou d’un mail de confirmation. Le devis qui prévoit l’acompte ne suffit pas non plus : le devis engage, la facture constate l’encaissement.
Que contient une facture d’acompte ?
- Toutes les mentions obligatoires d’une facture classique : ton identité avec la mention « EI », ton SIREN, l’identité du client, la date, etc. (voir le guide des mentions obligatoires).
- Un numéro pris dans ta séquence normale. Pas de série « ACOMPTE-001 » à part : si ta dernière facture est la 2026-014, ta facture d’acompte est la 2026-015.
- La référence au devis ou à la commande concernée, et l’indication claire qu’il s’agit d’un acompte (par exemple « Acompte de 30 % sur le devis D-2026-008 »).
- Le montant de l’acompte, et la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » si tu es en franchise — comme sur toutes tes factures.
L’acompte se déclare quand il est encaissé
En micro-entreprise, ton chiffre d’affaires se déclare à l’encaissement. Un acompte encaissé en juin se déclare avec le CA de juin, même si la prestation se termine en septembre. Il entre dans ton livre des recettes dès l’encaissement.
La facture de solde : récapituler et déduire
À la fin de la prestation, tu émets la facture de solde (on dit aussi facture définitive). Son rôle : présenter le montant total de la prestation, puis déduire les acomptes déjà facturés pour faire apparaître le reste à payer. Le client voit ainsi le tableau complet en un seul document.
Concrètement, pour une prestation de 3 000 € avec un acompte de 30 % :
| Document | Numéro | Contenu | Montant |
|---|---|---|---|
| Facture d’acompte | 2026-015 | Acompte de 30 % sur devis D-2026-008 | 900 € |
| Facture de solde | 2026-021 | Prestation complète 3 000 € − acompte facturé (facture 2026-015) 900 € | 2 100 € |
Exemple d’enchaînement acompte puis solde (montants illustratifs)
Note bien : la facture de solde référence la facture d’acompte par son numéro. C’est ce lien qui rend l’ensemble lisible pour ton client, pour toi, et pour l’administration en cas de contrôle. S’il y a plusieurs acomptes, chacun a eu sa facture, et la facture de solde les déduit tous.
L’avoir : corriger sans jamais supprimer
Règle d’or de la facturation : on ne supprime jamais une facture émise. Ni pour corriger une erreur de montant, ni parce que le client annule, ni parce que tu t’es trompé de destinataire. Une facture émise existe juridiquement ; la faire disparaître casserait ta séquence de numérotation et rendrait ta comptabilité suspecte en cas de contrôle.
L’outil de correction, c’est l’avoir : une facture rectificative qui vient en sens inverse. Il fonctionne ainsi :
- Il porte son propre numéro, pris dans ta séquence normale de factures — pas une numérotation à part.
- Il référence la facture initiale : son numéro et sa date, obligatoirement.
- Il peut être partiel ou total. Partiel pour une remise commerciale accordée après coup ou une erreur de montant ; total pour annuler complètement la facture.
- Il porte les mêmes mentions que tes factures, dont « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » si tu es en franchise.
Trois cas concrets
- Erreur de montant : tu as facturé 1 200 € au lieu de 1 100 €. Tu émets un avoir de 100 € référençant la facture, et le client paie la différence (ou tu le rembourses s’il avait déjà payé).
- Geste commercial après coup : le client est déçu d’un point, tu accordes une remise après émission de la facture. L’avoir matérialise la remise proprement.
- Annulation complète : la mission est annulée après facturation. Avoir total du même montant, qui neutralise la facture. Les deux documents restent dans ta comptabilité.
Refaire la facture « au propre » est une fausse bonne idée
Supprimer la facture erronée et la réémettre avec le même numéro paraît plus simple. C’est exactement ce que l’administration sanctionne : ta numérotation doit être continue et chronologique, sans trou ni doublon. La bonne séquence est toujours : facture erronée → avoir → nouvelle facture si besoin. Voir le guide sur la numérotation des factures.
Numérotation : une seule séquence pour tout
C’est le fil rouge de ce guide : factures classiques, factures d’acompte, factures de solde et avoirs partagent la même séquence de numéros, continue et chronologique. Si ton mois ressemble à : facture, acompte, avoir, solde — leurs numéros se suivent, dans l’ordre d’émission. Ce qui les distingue, c’est leur intitulé et leurs références croisées, pas leur numérotation.
Chaque mention manquante ou inexacte sur ces documents coûte le même prix que sur une facture classique : 15 € d’amende fiscale, plafonnée à 25 % du montant de la facture (art. 1737 du CGI). La référence à la facture initiale sur un avoir, ou la déduction des acomptes sur la facture de solde, ne sont pas des détails cosmétiques.
Le générateur de factures gratuit de Solko gère la numérotation continue et les mentions obligatoires pour toi : acompte, solde ou avoir, le document sort conforme.
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Et en franchise de TVA ?
Si tu es en franchise en base — le cas de la plupart des auto-entrepreneurs sous les seuils (37 500 € pour les services, 85 000 € pour les ventes en 2026, voir le simulateur de seuils TVA) — rien ne change dans la mécanique. Factures d’acompte et avoirs portent la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » comme tous tes documents, et aucun montant de TVA n’apparaît. La logique acompte → solde → avoir reste identique ; seule la ligne TVA est absente.
Questions fréquentes
La facture d’acompte est-elle obligatoire en auto-entrepreneur ?
Oui, pour les clients professionnels : en B2B, l’encaissement d’un acompte donne lieu à une facture d’acompte obligatoire (art. 289 du CGI). Un reçu ou le devis signé ne suffisent pas. La facture d’acompte porte un numéro de ta séquence normale et toutes les mentions obligatoires.
Comment annuler une facture déjà émise ?
On ne supprime jamais une facture émise. Pour l’annuler, tu émets un avoir total : un document qui porte son propre numéro dans ta séquence, référence la facture initiale (numéro et date) et la neutralise. Les deux documents restent dans ta comptabilité.
Un avoir a-t-il un numéro de facture ?
Oui. L’avoir porte son propre numéro, pris dans la même séquence chronologique que tes factures — pas dans une série séparée. Il doit aussi mentionner le numéro et la date de la facture qu’il corrige.
Comment numéroter une facture d’acompte ?
Dans ta séquence normale, sans série à part. Si ta dernière facture est la 2026-014, la facture d’acompte est la 2026-015. La facture de solde, émise plus tard, prendra le numéro suivant disponible au moment de son émission et déduira les acomptes déjà facturés.
Faut-il mettre la mention TVA sur une facture d’acompte en micro-entreprise ?
Oui. En franchise en base, les factures d’acompte et les avoirs portent la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI », exactement comme tes factures classiques, et aucun montant de TVA n’apparaît.
Informations vérifiées le 11 juin 2026 à partir des textes officiels. Ce guide ne remplace pas un conseil juridique personnalisé.