Tous les guides

Facturation

Le devis en micro-entreprise : mentions, valeur légale, bonnes pratiques

Mis à jour le 11 juin 20267 min de lecture

Un devis signé et daté par le client vaut contrat : il engage les deux parties sur la prestation et le prix. La mention « lu et approuvé » n’est pas exigée légalement — c’est la signature et la date qui comptent. Le devis reprend l’essentiel des mentions d’une facture (identité avec mention « EI », SIREN, détail des lignes, mention de franchise de TVA le cas échéant), plus une durée de validité. Il est facultatif dans la plupart des cas, mais obligatoire dans certains secteurs comme les travaux, le dépannage ou le déménagement.

Le devis est souvent vu comme une formalité commerciale. C’est une erreur : c’est ton premier outil de protection juridique. Un devis précis et signé, c’est un prix verrouillé, un périmètre clair, et un client qui ne peut pas dire « ce n’est pas ce qu’on avait convenu ». Voici comment le construire correctement.

Devis obligatoire ou facultatif ?

Dans la plupart des activités, le devis est facultatif : rien ne t’oblige à en émettre un avant de travailler. Mais il est obligatoire dans certains secteurs, notamment :

  • Les travaux et le bâtiment : construction, rénovation, plomberie, électricité…
  • Le dépannage à domicile (serrurerie, chauffage, etc.).
  • Le déménagement.
  • Les services à la personne au-delà de certains montants de prestation.

Si ton activité est dans l’un de ces secteurs, vérifie les règles précises qui s’y appliquent : les conditions exactes (montants déclencheurs, mentions sectorielles) varient selon le métier. Et même quand il est facultatif, le devis reste vivement recommandé dès que la prestation dépasse quelques heures de travail : c’est ta preuve d’accord.

Les mentions à faire figurer sur un devis

Un devis bien construit reprend la structure d’une facture, avec quelques spécificités. Concrètement :

  • Le mot « Devis » clairement affiché, avec un numéro de devis et la date d’émission.
  • Ton identité complète : nom et prénom suivis de la mention « EI » ou « entrepreneur individuel », nom commercial éventuel, adresse, SIREN ou SIRET — les mêmes règles que pour la facture, détaillées dans notre guide des mentions obligatoires d’une facture.
  • L’identité du client : nom ou raison sociale, adresse.
  • Le détail de la prestation : désignation précise de chaque ligne, quantité, unité, prix unitaire HT, remises éventuelles.
  • La TVA : taux par ligne si tu es assujetti, ou la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » si tu es en franchise — exactement comme sur tes factures.
  • Le montant total HT et TTC.
  • La durée de validité du devis : la date jusqu’à laquelle ton offre tient. Indispensable — on y revient plus bas.
  • Les conditions de réalisation : date ou délai d’exécution, conditions de paiement (acompte, échéances), frais éventuels (déplacement, matériel).
  • L’assurance professionnelle quand elle est obligatoire pour ton activité (ex. décennale dans le bâtiment : nom de l’assureur et couverture géographique).

Un devis flou se retourne contre toi

« Création de site web : 2 000 € » sans détail, c’est la porte ouverte aux malentendus : combien de pages ? combien d’allers-retours ? la maintenance est-elle incluse ? En cas de litige, l’imprécision profite rarement à celui qui a rédigé le document. Détaille chaque ligne et délimite explicitement ce qui n’est PAS inclus.

Quelle valeur légale a un devis signé ?

Tant qu’il n’est pas signé, un devis est une simple offre de contrat : le client est libre de la refuser, et toi de la retirer (tant que sa durée de validité n’est pas entamée par une acceptation). Dès que le client le signe et le date, le devis devient un contrat qui engage les deux parties :

  • Toi, à réaliser la prestation décrite, au prix indiqué, dans les conditions prévues.
  • Le client, à te payer ce prix une fois la prestation réalisée.

« Lu et approuvé » : une fausse obligation

Contrairement à une croyance tenace, la mention manuscrite « lu et approuvé » n’est pas exigée par la loi et n’ajoute rien à la valeur juridique du document. Ce qui engage le client, c’est sa signature accompagnée de la date. Tu peux prévoir une zone « Bon pour accord, le … » pour guider le client, mais c’est un usage, pas une obligation.

La durée de validité : ton garde-fou

Indique toujours une durée de validité (par exemple un ou trois mois). Sans elle, un client pourrait revenir longtemps après accepter un prix calculé avec les coûts d’hier. La durée de validité borne ton engagement : passé ce délai, le devis expire et tu peux en émettre un nouveau, au prix du jour.

Du devis à la facture

Le devis et la facture sont deux documents distincts, avec chacun leur numérotation propre — les règles de séquence des factures sont expliquées dans notre guide sur la numérotation. Le circuit classique :

  1. 1Tu envoies le devis, le client le signe et le date.
  2. 2Si un acompte est prévu, tu émets une facture d’acompte à l’encaissement (voir notre guide sur les factures d’acompte et d’avoir).
  3. 3Tu réalises la prestation.
  4. 4Tu émets la facture finale, qui reprend les lignes du devis, référence l’acompte éventuel, et ajoute les mentions propres à la facture : date d’échéance, taux des pénalités de retard, indemnité de 40 € pour les clients professionnels, conditions d’escompte.

Reprendre les lignes du devis à l’identique sur la facture n’est pas qu’une question de confort : toute divergence non convenue entre les deux documents est une source de contestation. Si le périmètre a évolué en cours de route, formalise-le par un devis complémentaire signé plutôt que par une ligne surprise sur la facture.

Avec le générateur gratuit de Solko, tu crées une facture conforme en quelques minutes — et dans l’application complète, tes devis signés se convertissent en factures en un clic, sans ressaisie.

Créer une facture conforme

Gratuit, sans inscription.

Bonnes pratiques anti-litiges

  • Fais signer avant de commencer. Un devis signé après coup ne protège plus grand-chose. Pas de signature, pas de démarrage.
  • Demande un acompte sur les prestations longues : il engage le client financièrement et sécurise ta trésorerie.
  • Écris ce qui n’est pas inclus : nombre de modifications, frais de déplacement, achats de licences… L’exclusion explicite vaut mieux que le non-dit.
  • Date tout : devis, signature, échanges de validation. En cas de désaccord, la chronologie est ta meilleure alliée.
  • Conserve tes devis signés avec tes factures : comme tout document commercial, garde-les longtemps — pour les factures, la durée légale est de 10 ans (voir notre guide sur la conservation des documents).

Le devis, ton meilleur argument commercial

Un devis propre, détaillé et conforme rassure immédiatement : il montre au client qu’il a affaire à un professionnel rigoureux. À prestation égale, c’est souvent la qualité du devis qui fait la différence face à un concurrent.

Questions fréquentes

Un devis signé a-t-il valeur de contrat ?

Oui. Une fois signé et daté par le client, le devis devient un contrat qui engage les deux parties : toi à réaliser la prestation décrite au prix indiqué, le client à la payer. Avant signature, ce n’est qu’une offre que chacun peut refuser ou retirer.

La mention « lu et approuvé » est-elle obligatoire sur un devis ?

Non. Aucune loi n’exige cette mention et elle n’ajoute rien à la valeur juridique du document. Ce qui engage le client, c’est sa signature accompagnée de la date. La formule « Bon pour accord » est un simple usage.

Le devis est-il obligatoire pour un auto-entrepreneur ?

Pas en général : dans la plupart des activités, le devis est facultatif (mais fortement recommandé). Il est en revanche obligatoire dans certains secteurs, comme les travaux et le bâtiment, le dépannage, le déménagement, ou les services à la personne au-delà de certains montants.

Quelle durée de validité indiquer sur un devis ?

La loi n’impose pas de durée : tu la choisis librement (un mois et trois mois sont des durées courantes). L’important est d’en indiquer une : elle borne ton engagement sur le prix et t’évite qu’un client accepte une offre devenue obsolète.

Faut-il mettre la mention TVA sur un devis ?

Oui, le devis suit les mêmes règles que la facture sur ce point. En franchise en base, tu indiques « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sans taux ni montant de TVA. Si tu es assujetti, tu fais figurer le taux de TVA et les montants HT et TTC.

Informations vérifiées le 11 juin 2026 à partir des textes officiels. Ce guide ne remplace pas un conseil juridique personnalisé.

À lire ensuite