Tous les guides

Facturation

Mentions obligatoires sur une facture d’auto-entrepreneur (2026)

Mis à jour le 11 juin 20267 min de lecture

Une facture d’auto-entrepreneur doit comporter une quinzaine de mentions obligatoires : ton identité avec la mention « EI », ton SIREN, un numéro de facture unique, le détail des lignes, la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » si tu es en franchise, la date d’échéance, le taux des pénalités de retard et l’indemnité de 40 € pour les clients professionnels. Chaque mention manquante ou inexacte coûte 15 € d’amende fiscale, plafonnée à 25 % du montant de la facture (art. 1737 du CGI).

Quand tu démarres en micro-entreprise, la facture est souvent le premier document « officiel » que tu produis. Bonne nouvelle : les règles sont les mêmes pour tout le monde, et une fois ta trame en place, tu n’y touches presque plus. Ce guide passe en revue chaque mention, explique pourquoi elle est là, et te montre les pièges classiques.

Qui tu es : le bloc vendeur

La facture doit identifier précisément l’émetteur, c’est-à-dire toi. Concrètement :

  • Ton nom et ton prénom, suivis de la mention « EI » ou « entrepreneur individuel ». C’est obligatoire depuis le statut unique de l’entrepreneur individuel créé en 2022 : cette mention signale que ton patrimoine professionnel est séparé de ton patrimoine personnel. Exemple : « Marie Dupont, EI ».
  • Ton nom commercial si tu en as un (facultatif, mais il s’ajoute, il ne remplace pas ton nom).
  • Ton adresse professionnelle (souvent ton domicile en micro-entreprise — c’est autorisé).
  • Ton SIREN (9 chiffres) ou ton SIRET (14 chiffres : SIREN + code établissement).
  • Ton numéro de TVA intracommunautaire si tu en as un et que l’opération le requiert (par exemple une prestation pour un client professionnel dans l’UE).

La mention « EI », l’oubli le plus fréquent

Beaucoup de modèles de factures trouvés en ligne datent d’avant 2022 et n’incluent pas la mention « EI » accolée au nom. C’est pourtant une mention obligatoire à part entière : son absence compte comme une mention manquante, soit 15 € d’amende par facture.

Qui est ton client : le bloc acheteur

Le bloc client est plus court, mais tout aussi obligatoire :

  • Le nom ou la raison sociale du client (« SARL Martin » pour une entreprise, « Jean Martin » pour un particulier).
  • Son adresse, et l’adresse de facturation si elle est différente de l’adresse du client.
  • Son numéro de TVA intracommunautaire quand il s’applique (client professionnel assujetti, notamment dans l’UE).
  • Le numéro du bon de commande s’il en a émis un. Pas de bon de commande ? Tu n’as rien à mettre.

Les dates et le numéro de facture

Trois informations de cadrage, à ne jamais confondre :

  • La date d’émission : le jour où tu crées la facture.
  • La date de la vente ou de la prestation : le jour où tu as livré ou terminé. Elle peut être différente de la date d’émission.
  • Le numéro de facture : unique, dans une séquence chronologique continue, sans trou. Tu peux utiliser un préfixe, par exemple 2026-001, 2026-002… Les règles complètes sont dans notre guide sur la numérotation des factures.

Le détail des lignes et les montants

Chaque produit vendu ou prestation réalisée doit apparaître sur sa propre ligne, avec :

  • La désignation : décris précisément ce que tu as fait (« Refonte de la page d’accueil » plutôt que « Prestation web »).
  • La quantité et l’unité (heures, jours, pièces…).
  • Le prix unitaire hors taxes (HT).
  • Les remises et rabais acquis liés à l’opération, s’il y en a.
  • Le taux de TVA par ligne — sauf si tu es en franchise, voir ci-dessous.
  • Le montant total HT et le montant total TTC de la facture.

Franchise de TVA : la mention qui remplace tout

La grande majorité des auto-entrepreneurs sont en franchise en base de TVA : tu ne factures pas la TVA, tu ne la récupères pas. Dans ce cas, ta facture ne doit afficher ni taux ni montant de TVA, mais obligatoirement la mention exacte : « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Tu restes en franchise tant que ton chiffre d’affaires ne dépasse pas les seuils — 37 500 € pour les services, 85 000 € pour les ventes en 2026. Pour savoir où tu en es, consulte notre guide des seuils de TVA 2026 ou le simulateur de seuils.

Paiement : échéance, pénalités, escompte

C’est le bloc le plus souvent bâclé, alors qu’il protège ta trésorerie. Trois mentions obligatoires :

  • La date d’échéance du paiement : la date limite à laquelle ton client doit payer.
  • Le taux des pénalités de retard : si tu ne précises rien dans tes conditions, le taux supplétif s’applique — taux BCE + 10 points, soit 12,15 % au premier semestre 2026. Tu peux stipuler un taux plus bas, mais jamais en dessous de 3 fois le taux d’intérêt légal, soit 7,86 % actuellement. Ces taux sont révisés chaque semestre.
  • L’indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € : due pour chaque facture en retard, mais uniquement pour les clients professionnels (art. D441-5). Inutile sur une facture à un particulier.
  • Les conditions d’escompte pour paiement anticipé. Si tu n’en accordes pas — le cas le plus courant — écris simplement : « Pas d’escompte pour paiement anticipé ».

Le détail des calculs et des cas d’application est dans notre guide sur les pénalités de retard et l’indemnité de recouvrement.

Les mentions qui dépendent de ton activité

Certaines mentions ne concernent que certains métiers. La plus connue : l’assurance professionnelle obligatoire. Si ton activité impose une assurance — par exemple la garantie décennale dans le bâtiment — ta facture doit indiquer le nom de l’assureur et la couverture géographique du contrat. Dans le BTP en sous-traitance, un mécanisme d’autoliquidation de la TVA peut aussi s’appliquer : on t’explique tout dans le guide autoliquidation de TVA dans le BTP.

Un doute sur une facture déjà émise ? Passe-la au vérificateur de conformité gratuit : il contrôle chaque mention obligatoire et te dit exactement ce qui manque.

Vérifier ma facture

Gratuit, sans inscription.

Que risques-tu si une mention manque ?

ManquementSanctionBase légale
Mention manquante ou inexacte15 € d’amende fiscale par mention, plafonnée à 25 % du montant de la factureArt. 1737 du CGI
Défaut de facturationAmende administrative jusqu’à 75 000 € (personne physique)Art. L441-9 du Code de commerce

Sanctions applicables en 2026

En pratique, le vrai coût d’une facture non conforme est souvent ailleurs : un client professionnel pointilleux peut la refuser et retarder ton paiement, et en cas de contrôle, des factures incomplètes attirent l’attention sur tout le reste. Et n’oublie pas : chaque facture émise doit être conservée 10 ans (voir notre guide sur la conservation des factures).

Le bon réflexe : une trame unique

Construis une fois pour toutes un modèle de facture complet, puis ne change que les lignes et le client. C’est exactement ce que fait le générateur de factures gratuit de Solko : il ajoute automatiquement les bonnes mentions selon ton régime de TVA, ton secteur et le type de client.

Questions fréquentes

Quelle mention TVA mettre sur une facture d’auto-entrepreneur ?

Si tu es en franchise en base de TVA (le cas de la plupart des auto-entrepreneurs), tu dois écrire « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » et ne faire figurer ni taux ni montant de TVA. Si tu as dépassé les seuils et que tu factures la TVA, tu indiques au contraire le taux de TVA sur chaque ligne et les montants HT et TTC.

La mention « EI » est-elle obligatoire sur les factures ?

Oui. Depuis le statut unique de l’entrepreneur individuel instauré en 2022, la mention « EI » ou « entrepreneur individuel » doit être accolée à ton nom sur tes factures. Son absence compte comme une mention manquante : 15 € d’amende fiscale par facture concernée.

Quelle est l’amende pour une facture non conforme ?

L’amende fiscale est de 15 € par mention manquante ou inexacte, plafonnée à 25 % du montant de la facture (art. 1737 du CGI). Le défaut de facturation pur et simple est sanctionné plus lourdement : jusqu’à 75 000 € d’amende administrative pour une personne physique (art. L441-9 du Code de commerce).

Faut-il mettre l’indemnité de 40 € sur une facture à un particulier ?

Non. L’indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € ne concerne que les clients professionnels (art. D441-5 du Code de commerce). Sur une facture adressée à un particulier, cette mention n’a pas lieu d’être.

Combien de temps faut-il conserver ses factures ?

10 ans, conformément à l’article L123-22 du Code de commerce. Cela vaut pour les factures émises comme pour les factures reçues, en version papier ou numérique.

Informations vérifiées le 11 juin 2026 à partir des textes officiels. Ce guide ne remplace pas un conseil juridique personnalisé.

À lire ensuite