Oui pour comprendre une notion, non pour recopier un chiffre ou un article de loi sans le vérifier. Une IA généraliste comme ChatGPT, Gemini ou Le Chat explique bien ce qu’est la franchise de TVA ou une facture d’acompte, mais elle répond souvent depuis ce qu’elle a lu avant sa date de coupure : en septembre 2026, elle peut encore t’annoncer une ACRE à 50 % alors que l’exonération est de 25 % pour une création depuis le 1er juillet 2026, ou un seuil de TVA à 25 000 € abandonné en 2025. Avant qu’un chiffre arrive sur ta facture, demande sa source à l’IA et vérifie-la en deux minutes sur Légifrance, le BOFiP ou autoentrepreneur.urssaf.fr.
Tu poses peut-être déjà tes questions de facturation à une IA : c’est rapide, ça répond à 23 h, et ça ne juge pas. Le problème n’est pas qu’elle se trompe souvent. C’est qu’elle se trompe avec le même ton assuré que quand elle a raison, et que l’erreur tombe justement sur ce qui compte sur une facture : un taux, un seuil, une date, un numéro d’article.
Ce qu’une IA généraliste fait bien : expliquer et rédiger
Pour comprendre une notion, une IA généraliste est un bon point de départ. Demande-lui ce qu’est un débours, la différence entre un acompte et des arrhes, ou pourquoi ta facture ne porte pas de TVA : les principes changent rarement, et elle les explique simplement, avec des exemples. Elle est aussi utile pour rédiger : une désignation de ligne claire (« Ménage du logement, 3 h » plutôt que « Prestation »), un email de relance poli, une réponse à un client qui conteste un devis.
La règle tient en une phrase : ce qui est une idée, tu peux le prendre ; ce qui est un chiffre, une date ou une référence, tu le vérifies.
Là où elle se trompe : les chiffres, les dates et les articles de loi
Une IA généraliste apprend sur des textes arrêtés à une date, puis continue de répondre des mois après. Or la micro-entreprise bouge chaque semestre : taux de pénalités, cotisations, plafonds, mentions. Même quand elle cherche sur le web, elle peut s’appuyer sur un blog daté plutôt que sur le texte officiel. Voici cinq réponses qu’on obtient encore facilement, et ce qui est vrai au 28 septembre 2026 :
| Question | Réponse périmée | Ce qui est vrai | Où vérifier |
|---|---|---|---|
| Combien me fait gagner l’ACRE ? | 50 % d’exonération la première année | 25 % pour une création depuis le 1er juillet 2026, 50 % avant | Décret n° 2026-69, sur Légifrance |
| Quel seuil de franchise de TVA pour mes services ? | Un seuil unique à 25 000 € | 37 500 €, seuil majoré 41 250 € ; la réforme du seuil unique a été abandonnée | Loi n° 2025-1044 ; guide des seuils de TVA |
| Jusqu’où je reste en micro-entreprise ? | 77 700 € pour les services | 83 600 € pour les services et le libéral, 203 100 € pour les ventes, de 2026 à 2028 | Art. 50-0 du CGI, sur Légifrance |
| Quel taux de pénalités de retard écrire ? | Le taux d’un semestre passé | 12,40 % par défaut au second semestre 2026, jamais moins de 8,25 % | Guide des pénalités de retard |
| Quelle mention quand je ne facture pas la TVA ? | « art. 293 B du CGI », sans date de fin | Jusqu’au 31 décembre 2026 ; au 1er janvier 2027, « article L. 233-3 du CIBS », l’ancienne tolérée jusqu’au 30 juin 2028 | Guide des mentions obligatoires |
Réponses relevées comme périmées au 28/09/2026, avec la règle en vigueur et sa source.
Reste le cas le plus trompeur : la référence inventée. Une IA peut citer un numéro d’article ou une référence du BOFiP qui a le bon format, le bon code, et qui n’existe pas, ou qui parle d’autre chose. Si tu ne retrouves pas le texte en le tapant dans Légifrance ou le BOFiP, il n’existe pas, ou il ne dit pas ça.
Le piège : la question qui contient déjà la réponse
« Le seuil de TVA, c’est bien 25 000 € maintenant ? » Posée comme ça, la question pousse l’IA à confirmer : elle a tendance à aller dans le sens de la personne qui demande. Pose la question ouverte (« quel est le seuil de franchise de TVA pour des prestations de services en 2026, et quelle est ta source ? ») et compare avec ce que tu croyais.
Vérifier une réponse en deux minutes
Trois sites officiels suffisent pour presque toutes les questions de facturation d’une auto-entrepreneuse. La méthode, dans l’ordre :
- 1Demande la source exacte à l’IA : le numéro d’article et son code, la page du BOFiP ou la fiche de l’URSSAF. Pas de source précise, pas de chiffre sur ta facture.
- 2Pour un article de loi, ouvre Légifrance : tape le code et le numéro (« CGI 293 B », « Code de commerce L441-10 »), puis lis la ligne « Version en vigueur » en haut de l’article. Si elle indique une date de fin, la règle va changer.
- 3Pour la TVA, ouvre le BOFiP : c’est la doctrine officielle des impôts, chaque page porte sa date de publication.
- 4Pour les cotisations et la déclaration, ouvre autoentrepreneur.urssaf.fr : les taux de l’année et les dates d’échéance y sont à jour.
- 5Compare les dates : un chiffre tiré d’une page de 2024 ne vaut rien pour une facture de 2026 si la règle a bougé entre-temps.
Le bon réflexe : finir chaque question par « source et date »
Ajoute à la fin de ta question : « Cite l’article ou la page officielle, et dis-moi à quelle date cette règle est en vigueur. » L’IA se trompe moins quand elle doit citer, et tu as tout de suite le lien à ouvrir pour vérifier.
Exemple : 300 € de ménage et une ACRE mal comptée
Inès s’est lancée dans le ménage à domicile en août 2026, avec l’ACRE. En septembre, elle encaisse 300 € et demande à une IA combien mettre de côté pour l’URSSAF. Réponse : « Taux de 21,2 % pour une prestation de services, divisé par deux grâce à l’ACRE, soit 31,80 €. » Le taux de 21,2 % est juste. La moitié ne l’est plus : pour une création depuis le 1er juillet 2026, l’exonération est de 25 %, Inès paie donc 75 % du taux normal.
| Réponse de l’IA | Règle en vigueur | |
|---|---|---|
| Taux sans ACRE | 21,2 % | 21,2 % |
| Part payée avec l’ACRE | 50 % | 75 % |
| Cotisations sur 300 € | 31,80 € | 47,70 € |
Cotisations sociales 2026 d’une prestation de services commerciale, hors contribution à la formation professionnelle, création après le 1er juillet 2026.
L’écart est de 15,90 € par mois. Son ACRE court jusqu’au 30 juin 2027, fin du troisième trimestre civil qui suit celui de sa création : de septembre à juin, au même rythme, c’est 159 € qu’Inès n’a pas mis de côté et que l’URSSAF lui réclamera quand même, puisque c’est le taux réel qui s’applique à sa déclaration. Le détail des taux 2026 est dans le guide de la déclaration URSSAF.
Ce que change un assistant qui connaît ta situation
Une IA généraliste ne sait rien de toi : elle ne sait pas si tu es en franchise de TVA, depuis quand tu as créé, ni si ton client est un particulier ou une entreprise. Elle devine, ou elle te fait tout réexpliquer à chaque question. Un assistant intégré à ton outil de facturation part de ce qui est déjà dans ton compte, et peut répondre « pour toi » plutôt que « en général ».
Pour juger n’importe quel assistant, IA généraliste ou intégré à un logiciel, quatre questions suffisent :
- Cite-t-il sa source à chaque chiffre, avec un lien que tu peux ouvrir ?
- Dit-il « je ne sais pas » quand aucune source ne porte la réponse, au lieu d’inventer ?
- Part-il de ta situation réelle (régime de TVA, date de création, type de client) sans que tu la retapes ?
- Te laisse-t-il la décision : il prépare, tu vérifies et tu envoies, jamais l’inverse ?
Tu as fait une facture en suivant une réponse d’IA ? Passe-la au vérificateur de conformité gratuit de Solko : il contrôle chaque mention selon ton régime et ton client, et te dit ce qui manque.
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Ce qu’aucune IA ne remplace
Une IA, même bien sourcée, ne remplace pas un professionnel quand l’enjeu dépasse une facture. Un client qui refuse de payer et menace d’aller au tribunal, un contrôle fiscal, un choix entre micro-entreprise et société, un redressement de l’URSSAF : là, un expert-comptable ou un avocat engage sa responsabilité sur sa réponse, une IA non. Pour une question sur ton compte URSSAF, la messagerie de ton espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr répond par écrit, et cette réponse te sert de trace.
Dernier point : ne colle pas dans une IA publique les coordonnées complètes de tes clients ou leur IBAN. Pour poser une question de facturation, « un client particulier à Lyon » suffit.
Questions fréquentes
Peut-on demander à ChatGPT si sa facture d’auto-entrepreneur est conforme ?
Oui pour repérer une mention oubliée, mais pas pour valider un chiffre : une IA généraliste peut citer un taux ou un seuil périmé avec assurance. Demande-lui la source de chaque chiffre et vérifie-la sur Légifrance, le BOFiP ou autoentrepreneur.urssaf.fr.
L’ACRE est-elle toujours de 50 % en 2026 ?
Non. Pour une micro-entreprise créée depuis le 1er juillet 2026, l’exonération de cotisations est de 25 % (décret n° 2026-69 du 6 février 2026). Elle reste de 50 % pour une création avant cette date.
Pourquoi ChatGPT donne-t-il des taux faux pour la micro-entreprise ?
Parce qu’il répond souvent depuis des textes arrêtés à sa date de coupure, alors que les taux de pénalités changent chaque semestre et que cotisations, plafonds et mentions bougent presque chaque année. Même avec une recherche web, il peut s’appuyer sur un article daté plutôt que sur le texte officiel.
Comment vérifier un article de loi cité par une IA ?
Tape le code et le numéro de l’article dans Légifrance (par exemple « CGI 293 B ») et lis la ligne « Version en vigueur » en haut de la page. Si l’article est introuvable ou dit autre chose, la référence est inventée ou mal citée.
Informations vérifiées le 28 septembre 2026 à partir des textes officiels. Ce guide ne remplace pas un conseil juridique personnalisé.